Pendant neuf mois, il se passe quelque chose d’assez extraordinaire : un petit être se construit, semaine après semaine, à l’intérieur d’un autre corps.
Dit comme ça, on comprend déjà un peu mieux pourquoi certaines journées donnent davantage envie de s’allonger que de « profiter pleinement de sa grossesse ». Fabriquer un humain, mine de rien, ça occupe.
Certaines femmes traversent leur grossesse avec beaucoup d’énergie et de sérénité. D’autres connaissent davantage de fatigue, d’inconforts, de doutes ou d’émotions en montagnes russes. Et pour beaucoup, tout cela alterne au fil des semaines, parfois même au fil de la journée.
Il n’existe pas une bonne manière de vivre sa grossesse.
Mais une chose me paraît essentielle : pendant que toute l’attention se porte naturellement sur le bébé qui grandit, prendre soin de celle qui le porte compte tout autant.
Neuf mois pendant lesquels tout se transforme
Au début, il ne se voit encore presque rien.
Et pourtant, à l’intérieur, le travail est déjà immense.
Premier trimestre : poser les fondations
Au cours des premières semaines, les grandes structures du corps commencent à se former : le système nerveux, le cœur, les membres et les principaux organes se mettent progressivement en place.
De l’extérieur, le ventre peut encore être très discret. À l’intérieur, c’est plutôt chantier grandeur nature.
Et le corps de la future maman, lui aussi, s’adapte déjà.
Fatigue, nausées, sensibilité accrue, changements d’appétit, besoin de sommeil… certaines femmes ressentent beaucoup de choses, d’autres très peu. Là encore, il n’y a pas de modèle.
Il peut donc ne presque rien se voir, et pourtant se passer énormément de choses.
Deuxième trimestre : grandir, bouger, se faire sentir
Au fil du deuxième trimestre, le bébé poursuit sa croissance. Ses mouvements deviennent de plus en plus coordonnés et commencent généralement à être ressentis par la mère.
Pour beaucoup de femmes, c’est une période particulière : la grossesse devient plus concrète.
Le ventre s’arrondit.
Les premiers mouvements apparaissent.
Une relation différente au corps s’installe.
Certaines retrouvent davantage d’énergie. D’autres commencent aussi à sentir que leur corps demande quelques ajustements : le dos, les jambes, le bassin, la position pour dormir…
Et parfois cette sensation un peu étrange :
« C’est toujours mon corps… mais il change beaucoup. »
Troisième trimestre : continuer à grandir, se préparer à naître
Dans les dernières semaines, le bébé continue à prendre du poids et plusieurs de ses systèmes poursuivent leur maturation, notamment le cerveau et les poumons.
Pendant ce temps, l’espace devient de plus en plus précieux.
Dormir confortablement peut nécessiter quelques coussins supplémentaires, trouver une bonne position devenir une petite négociation quotidienne avec son ventre et mettre ses chaussures prendre soudain une dimension presque sportive.
Le corps de la future maman continue, lui aussi, à s’adapter jusqu’au bout.
Pendant que le bébé grandit, sa mère traverse aussi une transformation
On parle beaucoup, et à juste titre, du développement du bébé.
Mais la grossesse est aussi une transformation considérable pour celle qui le porte.
Son corps change. Son centre de gravité évolue. Son rythme peut se modifier. Ses besoins de repos aussi.
Et il n’y a pas que le physique.
Une grossesse peut être profondément joyeuse et néanmoins soulever des questions, des peurs, des projections ou des ambivalences.
Comment va se passer l’accouchement ?
Comment sera la vie après ?
Vais-je me reconnaître dans ce nouveau rôle ?
Comment vais-je habiter ce corps qui change ?
Parfois, tout va très bien.
Parfois, une inquiétude prend plus de place.
Parfois les deux cohabitent.
Et cela ne signifie pas que l’on vit « mal » sa grossesse.
Une future maman n’a pas besoin d’être zen pendant neuf mois
Je trouve important de le dire parce que la maternité est déjà accompagnée de suffisamment d’injonctions.
Inutile d’en ajouter une nouvelle :
« Il ne faut surtout pas que je stresse, sinon mon bébé va le ressentir. »
Un certain niveau de stress pendant la grossesse est normal. Le corps change, les hormones évoluent et devenir mère peut naturellement faire émerger de nombreuses préoccupations.
Une mauvaise journée, une peur ou une nuit agitée ne font pas de vous une mauvaise mère.
En revanche, lorsqu’un stress devient très important, persistant ou envahissant, il mérite d’être entendu et accompagné. Dans ce cas, il est important d’en parler au professionnel de santé qui suit la grossesse.
L’objectif n’est donc pas de devenir une future maman parfaitement sereine en toutes circonstances.
Il est plutôt de pouvoir écouter ce qui se passe, reconnaître ses besoins et ne pas avoir à tout porter seule.
Prendre soin de la future maman n’est pas un luxe
Les recommandations autour de la grossesse ne concernent pas uniquement la surveillance médicale ou la prévention des complications.
La santé et le bien-être de la mère font pleinement partie de l’accompagnement prénatal.
Prendre soin de soi peut alors prendre des formes très simples :
se reposer lorsque le corps le demande, être correctement accompagnée médicalement, continuer à bouger lorsque cela est adapté, bien se nourrir, demander de l’aide, parler de ses inquiétudes ou simplement s’autoriser à ralentir.
Et parfois aussi s’accorder un espace où il n’y a rien à préparer, rien à réussir et personne dont il faut s’occuper.
Simplement recevoir.
Le massage prénatal : remettre l’attention sur celle qui porte
C’est ainsi que j’envisage le massage prénatal à Aix-les-Bains.
Non pas comme une façon « d’agir sur le bébé », mais comme un temps entièrement consacré à la femme qui le porte.
Un temps pour ralentir, relâcher les tensions du quotidien, retrouver davantage de confort dans son corps et se laisser prendre soin d’elle à son tour.
Le massage s’adapte au corps qui change, aux sensations et aux besoins du moment.
Certaines femmes viennent parce que le dos ou les jambes commencent à se faire davantage sentir. D’autres parce qu’elles ressentent le besoin de souffler, de retrouver un peu de calme ou simplement de bénéficier d’un moment rien que pour elles.
Et c’est déjà une excellente raison.
Prendre soin de la future maman, c’est aussi prendre soin de la grossesse qu’elle traverse.
Pas parce que chaque moment de détente aurait un effet direct et mécanique sur le bébé.
Mais parce que prendre soin de la santé physique et émotionnelle de la mère participe à créer un environnement plus soutenant pour elle, pour sa grossesse et, plus largement, pour la famille qui est en train de se construire.
Et lorsque bébé arrive, qui prend soin de la mère ?
Puis vient la naissance.
Et naturellement, beaucoup de regards se tournent vers le nouveau-né.
Comment va-t-il ?
Est-ce qu’il dort ?
Est-ce qu’il mange ?
À qui ressemble-t-il ?
Pendant ce temps, celle qui vient de traverser neuf mois de grossesse et un accouchement est toujours là.
Son corps récupère.
Son rythme est bouleversé.
Elle apprend à connaître son bébé et, parfois, à se reconnaître elle-même dans cette nouvelle place.
Les premières semaines après la naissance sont une période importante pour la santé et le bien-être du nouveau-né, mais aussi pour ceux de sa mère.
C’est tout le sens du Mois d’Or : remettre du repos, du soutien et de l’attention autour de la jeune mère. Lui permettre d’être entourée, nourrie, aidée, écoutée. Lui laisser le temps de récupérer et de rencontrer tranquillement cette nouvelle étape de sa vie.
J’en parle plus longuement dans mon article Mois d’Or : 9 conseils pour bien vivre les 40 jours après l’accouchement.
Devenir mère… sans disparaître derrière la maman
Et puis vient parfois un autre temps.
Celui où l’on ressent le besoin de marquer ce qui vient d’être traversé.
Pas nécessairement pour « retrouver son corps d’avant ».
Pas davantage pour redevenir celle que l’on était avant la grossesse, comme si rien ne s’était passé.
Certains passages nous transforment.
Il s’agit alors peut-être davantage de revenir vers soi avec tout ce qui a changé.
C’est l’une des intentions que je donne au Rituel Rebozo.
Pendant plusieurs heures, l’attention revient entièrement vers la femme : être accueillie, massée, enveloppée, réchauffée puis resserrée dans différentes parties du corps à l’aide des tissus Rebozo.
Le serrage du bassin et du corps n’a pas vocation à « remettre les os en place » ou à refermer anatomiquement ce que la grossesse aurait ouvert.
J’aime plutôt l’envisager comme une expérience de contenance et de rassemblement.
Sentir à nouveau ses contours.
Être enveloppée puis resserrée.
Marquer corporellement la fin d’un passage et l’ouverture d’un autre.
Honorer ce qui vient d’être traversé.
Reconnaître la mère qui vient de naître, elle aussi.
Et laisser toute sa place à la femme qui est toujours là.
Finalement, le fil rouge est peut-être simplement celui-ci :
Pendant la grossesse, après la naissance et bien au-delà, prendre soin de la mère n’est pas prendre du temps au bébé. C’est aussi prendre soin de l’environnement humain dans lequel il grandit.
Avec beaucoup de douceur.
Et sans oublier la femme derrière la maman.
Sources
- Organisation mondiale de la Santé — Recommandations de l’OMS concernant les soins prénatals pour que la grossesse soit une expérience positive.
- Organisation mondiale de la Santé — Recommandations de l’OMS concernant les soins maternels et néonatals pour une expérience positive de la période postnatale.
- NICHD — Will stress during pregnancy affect my baby?
- NHS — Week-by-week guide to pregnancy.
- Assurance Maladie — informations sur le déroulement de la grossesse et le développement de l’embryon et du fœtus.
