Il arrive que l’on comprenne beaucoup de choses avec la tête.
On sait pourquoi certaines situations nous touchent.
On a parfois déjà mis des mots sur son histoire, repéré des schémas, compris certaines réactions.
Et pourtant, dans le corps, quelque chose continue de réagir.
Le ventre se serre.
Le cœur s’accélère.
La gorge se noue.
La peur prend toute la place.
On se fige, on évite, on s’épuise à contrôler.
C’est souvent à ce moment-là que j’entends :
“Je comprends ce qui se passe… mais je n’arrive pas à faire autrement.”
Ce n’est clairement ni une question de volonté, ni de compréhension !
Et si le corps continuait simplement à protéger, avec les moyens qu’il connaît ?
Le trauma : ce qui reste actif dans le corps
Quand on parle de trauma, on pense souvent à un événement grave, spectaculaire ou clairement identifié : accident, agression, deuil, séparation, burn-out, accouchement difficile, choc relationnel.
Bien sûr, ces événements peuvent marquer profondément.
Mais ce qui fait trauma, ce n’est pas seulement l’événement lui-même.
C’est aussi ce que le corps et le système nerveux ont pu — ou non — en faire.
Deux personnes peuvent vivre une même situation de manière très différente.
L’une pourra l’intégrer.
L’autre restera avec une sensation d’insécurité, de vigilance, de peur ou d’impuissance.
Parfois, on sait exactement d’où cela vient.
Parfois, c’est plus flou.
On constate seulement que quelque chose se répète : une anxiété qui revient, une réaction disproportionnée, une colère trop rapide, un figement, une peur de s’exprimer, une difficulté à poser ses limites.
Le mental peut savoir que “tout va bien”.
Mais le corps, lui, réagit comme si le danger était encore là.
Qu’est-ce que la thérapie MOSAIC ?
MOSAIC signifie Mouvements Oculaires et Stimulations Alternées pour l’Intégration Cérébrale.
C’est une thérapie brève, stratégique et orientée solution. Elle s’appuie sur des stimulations bilatérales alternées — mouvements oculaires, sons ou stimulations tactiles — utilisées également dans l’EMDR. La présentation officielle de MOSAIC décrit cette approche comme une thérapie orientée solution, qui permet de faire l’expérience corporelle des ressources présentes en chacun, sans se focaliser sur le problème ou son historique.
Ce point est essentiel.
Dans MOSAIC, on ne cherche pas forcément à raconter longuement le passé.
On ne commence pas par revivre la scène difficile.
On ne force pas l’exposition au souvenir douloureux.
L’approche part plutôt de cette question :
Qu’est-ce que votre corps aurait besoin de vivre à la place ?
Plus de calme ?
Plus de sécurité ?
Plus de stabilité ?
Plus de force ?
Plus de liberté ?
MOSAIC travaille avec ces sensations corporelles ressources pour aider le cerveau et le système nerveux à intégrer une nouvelle réponse.
Une approche issue des neurosciences
La thérapie MOSAIC a été développée notamment par Stéphanie Khalfa, docteure en neurosciences, à partir de ses recherches sur les émotions, le stress, les traumatismes psychiques et les stimulations bilatérales alternées.
Là où certaines approches passent par le souvenir traumatique pour le désensibiliser, MOSAIC propose un autre chemin : partir de ce qui, dans le corps, peut déjà ressentir de l’apaisement, de la sécurité ou de l’élan.
Ce qui m’intéresse particulièrement dans cette méthode, c’est cette rencontre entre les neurosciences et l’expérience du corps.
On ne cherche pas seulement à “penser autrement”.
On aide le corps à vivre autre chose.
Et parfois, c’est cela qui permet au système nerveux de commencer à relâcher.
Comment se déroule une séance MOSAIC ?
Une séance part d’une difficulté actuelle : une situation qui réactive, une peur qui revient, une sensation de blocage, une réaction émotionnelle que l’on ne comprend pas.
On cherche d’abord ce qui se passe dans le corps, dans les pensées, dans les comportements. Puis on vient chercher une sensation intérieure désirée : calme, sécurité, solidité, confiance, liberté, espace. Les stimulations bilatérales accompagnent alors ce travail sensoriel.
Une séance se déroule toujours dans le respect du rythme de la personne. On avance progressivement. On vérifie ce qui se passe.
Ce que disent les premiers travaux scientifiques
MOSAIC est une approche récente et prometteuse.
Une étude observationnelle publiée en 2023 a comparé l’efficacité clinique et l’acceptabilité de l’EMDR et de MOSAIC chez des patients présentant un trouble de stress post-traumatique. Les résultats montrent une diminution significative des symptômes dans les deux groupes, ainsi qu’un meilleur confort ressenti pendant les séances MOSAIC. Les auteurs précisent cependant que ces premiers résultats doivent être confirmés par des études randomisées à plus grande échelle.
Il ne s’agit donc pas de présenter MOSAIC comme une méthode miracle.
Mais comme une approche structurée, douce, issue des neurosciences, qui ouvre une voie intéressante pour accompagner certaines réactions encore actives dans le corps.
Comment j’intègre MOSAIC dans mon accompagnement à Aix-les-Bains
MOSAIC vient dans la continuité des outils psychocorporels que j’utilise. Mon approche reste profondément ancrée dans le corps, le toucher, l’écoute, la respiration, la sécurité intérieure et le rythme de chacun.
Le massage bien-être permet déjà de relâcher, d’apaiser, de revenir à soi.
L’accompagnement psychocorporel permet d’aller plus loin dans la compréhension de ce qui se joue dans le corps, les émotions et les relations.
MOSAIC vient enrichir cet accompagnement lorsque certaines réactions restent présentes malgré la compréhension, les efforts ou le travail déjà engagé.
C’est une autre manière d’aider le corps à retrouver du mouvement.
Parce que lorsque le système nerveux s’apaise, quelque chose peut recommencer à circuler : une respiration, une possibilité, un choix, une sensation de liberté.
Conclusion
Je reste e corps cherche souvent à nous protéger avec les moyens qu’il connaît. Et c’est tellement beau de le voir apprendre à faire autrement, et les vies à se réaligner.
Comme dirait l’autre :
» Aujourd’hui est le premier jour du reste de ta vie. »
| Cadre de l’accompagnement Psychopraticienne, je ne pose pas de diagnostic médical ou psychiatrique. Mon accompagnement ne remplace pas un suivi médical, psychologique ou psychiatrique lorsque celui-ci est nécessaire. Mon travail s’inscrit dans une approche psychocorporelle : écoute du corps, régulation du système nerveux, soutien émotionnel, retour à soi. Lorsque la situation le demande, je vous invite à vous tourner vers un professionnel de santé adapté. |
